Le flux s’est coupé, il y aura bientôt 10 ans. Stress, pilule, choc émotionnel auront asséchées la source me coupant de mon essence de femme, de ma puissance femme.

Il faut dire que je n’ai jamais accueilli mes règles avec joie, comme une bénédiction. Loin de là…
Un peu avant mes 1
ères
règles, passage rapide chez ma tante gynécologue avec ma mère. Elle m’observe et me prédit qu’elles sont proches. J’ai 8 ans, je suis une enfant et de ce que je sais des règles, c’est que c’est une malédiction qui touche les femmes chaque mois, les rend malades, irritables. Eve a péché nous souffriront toutes.
Et puis, à 8 ans, je suis encore une enfant, juste une enfant. Les règles me semblent être quelque chose que vivent les grandes. Je suis précoce, mes seins pointent déjà depuis quelques temps et l’on a du m’ôter les bretelles de mon uniforme car cela me gênait. Dans la cour de l’école, cela semble être un privilège mais intérieurement, celles à qui il a été accordé savent que cela présagent d’un changement auquel nous n’avons pas vraiment été préparées.

1er avril 1994, mes règles sont blagueuses. Moi, je panique. Je me suis levée ce matin et aux toilettes, je découvre du sang qui tâche ma culotte de petite fille en coton blanc. Rouge vif ! Je pleure d’abord en silence, les larmes coulent le long de mes joues, mille idées traversent mon esprit. Je vais mourir, c’est sûr, je saigne comme si j’étais blessée. J’ai sans doute fait quelque chose qui a provoqué cela et la tache, comment partira-t-elle ? Maman se fâchera d’avoir à laver ce sang et s’il ne partait pas ? J’éclate en sanglot.
Ma mère m’entend et s’inquiète. Elle me parle et me demande ce qu’il m’arrive. Entre deux sanglots, je parviens à articuler « J’ai du sang dans ma culotte ». Ma mère rit. Je ne comprends pas, comment peut-elle rire de mon malheur ? Elle me dit, « Tu as tes règles, tu es une grande maintenant ». Je prends ma douche, elle me donne une serviette hygiénique et me dit de la poser au fond de ma culotte pour ne pas la tâcher. Je vais à l’école, je ne vais pas mourir.
Ma mère m’achètera un livre qui explique la puberté mais ne me dira rien de plus sur ce que sont les règles et elle me surprotégera comme beaucoup de mère aux Antilles et sans doute ailleurs m’expliquant les dangers qui en découlent (les garçons, les enfants, les tâches). Mes règles, ce danger.

Comme un rappel, je les aurais à nouveau le 29 avril, un mensiversaire et mon anniversaire mes 9 ans. Elles seront ponctuelles, ce ne sera pas souvent le cas. Blagueuses !

 A l’adolescence, j’ai pris la pilule d’abord pour réduire l’acné puis pour éviter une grossesse non désirée avec mon premier petit copain. J’ai 20 ans, je fais mes études, je ne crois pas que je l’aime vraiment et je lui dis parfois qu’un jour nous deux ça finira. Ça finit en effet après quelques mois et je réalise que je n’ai pas de raison de prendre la pilule en continu et décide simplement de l’arrêter. Je resterai célibataire près d’un an et je reprendrai la pilule comme un réflexe pour éviter toujours un enfant que je ne désire pas. Des années que j’y pense et que je me dis que je ne souhaite pas être mère, jamais. Je ne m’en sens pas capable, trop de responsabilité que des vies humaines. Surtout, je veux une carrière, je veux réussir, je travaille dur et je me rêve à des fonctions élevées.

Quelques mois plus tard, celui que j’aimais me dit qu’il n’est qu’un homme et que mes quelques jours au vert aurons eu raison de sa volonté et que sa voisine engageante et insistante, de sa fidélité. Choc ! Je suis blessée, cocue et dans le doute. J’arrête la pilule en même temps que cette relation et après quelques mois, je réalise que la souche s’est asséchée. Je n’ai plus mes règles. Je l’ai vécu comme une bénédiction. Je m’habille en blanc quand je veux dans le mois, pas de tâche, pas de gêne. Je passe 2 ans sans me poser de question ou plutôt à me les cacher.

Puis, les questions finissent par sortir de l’ombre et je prends rendez-vous chez mon médecin, puis ma gynécologue. Et de rendez-vous en rendez-vous, il faudra plus d’un an pour découvrir pourquoi. Un adénome hypophysaire, une tumeur bénigne. A mes amies qui parfois s’inquiètent, je leur dis que ce n’est vraiment rien d’autre que la matérialisation de ma folie, mon grain de folie. Prise de sang et IRM s’enchainent pour suivre l’évolution. On me propose une opération qui m’effraie, je la refuse, hors de question que l’on touche à mon cerveau. Je suis sous traitement mais je réagis souvent mal ou l’oublie. Pendant des années, mes règles jouent à cache-cache et moi, je me voile la face.

Il y a un peu plus de 5 ans, par un hasard qui n’en est pas un, je croise la route de celui avec qui évoluer ensemble est facile et naturel. La pilule n’est plus une option car mon adénome est hormono-dépendant. Je décide donc de me faire poser un stérilet au cuivre. Une libération ! Plus la peine de réfléchir, nous sommes tranquilles le temps de décider du bon moment pour accueillir ces enfants que nous nommons par jeu. Oui, j’ai changé d’avis avec lui. Je veux être mère, je suis femme et je prends confiance en moi à ses côtés.

Ma gynéco a ri quand j’ai insisté pour un stérilet en lui expliquant que je ne souhaitais pas être enceinte de suite : « Il faudrait déjà que vous ovuliez… » Mon adénome bloque l’ovulation paraît-il. Pourtant, quand j’arrive en Martinique pour me poser quelques temps, changer de vie, me ressourcer, elles reviennent comme si ces années de sécheresse n’avaient jamais été. Des conditions moins stressantes, une vie à mon rythme et les revoilà qui reviennent. Cette fois, je les accueille et celui qui est à mes côtés apprend à les connaître.

Quand je rentre à Paris après moins de 2 ans en Martinique, le rythme stressant de la ville et du travail reprennent le dessus et à nouveau, je vois la source se tarir. Mon médecin me parle du rôle du stress dans le développement de l’adénome. Mes règles feront des allers-retours, apparaissant quand on ne les attend pas et disparaissant dans les périodes les plus stressantes.

Il y a un an, je décide de changer de vie, d’écouter la petite voix en moi qui m’indique de suivre la voie de la guérison qui m’avait appelée depuis mon retour en Martinique. Durant un an, je serai à l’écoute de mes besoins et je chercherai à me reconnecter à ma féminité de façon naturelle. Je découvre que la Lune me parle, je suis son rythme. Pleine Lune je bouillonne, Nouvelle Lune je relâche pour un nouveau cycle.
Depuis quelques mois, je sens mes ovaires, je sens mon utérus qui se contracte et j’ai des pertes. Panique ! Est-ce que ma situation empire ? En avril, j’ai refusé de continuer le traitement proposé par l’endocrinologue rencontrée sous les conseils de ma gynécologue. Le médicament me fait tousser, tellement que je n’en dors pas pendant une semaine. Je ne peux pas perdre le sommeil pour retrouver des règles artificielles. Je ne peux pas accepter de prendre un médicament toute ma vie pour quelque chose que je ne perçois pas comme une maladie. Je préfère revenir à ma quête d’équilibre avec l’Ayurveda et en écoutant mes besoins, mon corps, la Lune.  Mais je sais que les résultats peuvent prendre du temps avant d’apparaître. Alors ces douleurs que je ne connaissais pas et ces pertes m’inquiètent. Je pense au pire et je prends rendez-vous avec ma gynécologue. Examen, échographie… Je ne suis pas enceinte (je calme tout de suite les cousines et copines 😉 ) et je n’ai rien. Tout va bien et l’échographe me décrit simplement mes ovaires en bonne santé, mon utérus également et des follicules. Bref, je peux ovuler, la source semble avoir simplement décidé qu’il était temps de recommencer à couler mais elle se fraye un passage entre les cailloux accumulés : le stress, la peur, le doute, les chocs émotionnels et les hormones artificielles.

2018 sera pour moi une année d’exploration et de construction. Et parmi ce que je veux explorer, il y a mes lunes. J’ai d’abord cherché un cercle de femme pour accueillir ce travail mais les dates ne m’allaient jamais dans ceux qui m’appelaient.

J’ai fini par avoir la pensée un peu folle que je pourrai ouvrir mon propre cercle et accueillir 12 femmes pendant un cycle de 4 mois à partir de la 1ère nouvelle lune de l’année (17 janvier). Et les signes autour de moi ont commencé à accourir pour me pousser à creuser l’idée.

J’imagine un espace bienveillant pour discuter de notre féminité et pour apporter de l’aide dans la guérison de cette âme féminine qui se réveille après des siècles (des millénaires) de déni et d’oppression.

J’imagine un espace d’échange et de reconnexion à soi et aux éléments de la nature.

J’imagine un espace où interroger nos lignées, notre héritage, les traumatismes parfois mais aussi les forces qui nous ont été transmises par les femmes avant nous.

J’imagine un espace de réflexion, de méditation et de d’exploration spirituelle.

Je vois un espace de soutien, une « safe place » sans jugement, où toutes les questions peuvent être posées.

J’ai envie d’interroger nos cycles, notre connexion à la lune, la façon dont on vit nos relations aux autres, à nous-mêmes, notre sexualité, celle dont on prend soin de soi et des autres, notre gestion de nos énergies…

Je souhaite utiliser tous les outils qui me parlent et ceux que je découvrirai : alimentation, rituels, respiration, oracles, méditation, Ayurveda, développement personnel, aromathérapie, cycles et archétypes de femmes…

La lune, Chandra, satellite de la Terre influence les marées, les cultures, nos sensations et émotions. Pour les femmes, elle est le repère de nos cycles. Comme elle, nous vivons sur 28 jours une révolution chaque mois. Comprendre que j’étais cyclique et que je pouvais me reconnecter à cette nature même sans avoir mes règles m’a beaucoup aidé cette année.

La nouvelle lune ou Lune Noire et ses mystères m’ont plus particulièrement soutenue dans ce lâcher-prise pour faire apparaître mes envies, mon identité et chaque mois m’a permis de faire un pas de plus vers qui je suis vraiment. C’est donc avec elle que je veux continuer à avancer tous les mois.

Alors, je vous le demande, je TE le demande, es-tu prête à me rejoindre dans le Cercle de la Lune Noire ? As-tu envie qu’ensemble nous continuions à explorer ce qu’est notre féminité aujourd’hui et comment allier la sagesse ancestrale du féminin sacré à nos vies modernes ?

LUNE NOIRE est ouverte à 12 femmes prêtes à explorer avec moi sous la bienveillance de la Vieille, celle qui sait (« la que sabe »). Le premier appel est prévu le 17 février. 

Pour la 4è édition de Lune Noire – initiation, j’accueillerai jusqu’à 16 femmes et nous commencerons le 4 mars ! 

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