Ce mot, c’est une blessure d’enfance à lui tout seul.

Je ne suis pas digne de ce que je désire, pas digne de ce que l’on m’offre (un compliment, un cadeau, un peu de temps, de l’attention…), pas digne que l’on m’aime, pas digne de prendre cette place sur le devant de la scène ou de cette très bonne note quand pourtant, j’ai tout fait pour les obtenir ou qu’il y a mon nom marqué dessus ou que j’ai obtenu ce que j’ai tout simplement demandé…

Avec le temps, j’ai développé un amour des belles choses et en même temps, l’idée que je n’en étais pas digne. Que je devais toujours m’améliorer pour les mériter, être parfaite. C’est dans ma nature, je suis Pitta et une des croyances les plus fermement ancrées chez les personnes ayant une majorité de ce dosha est que seule la perfection est aimable. Alors on se rend la vie dure !

De la maternelle à la fac, je ne me trouvais pas digne de mes amis, pas digne d’en avoir et plus d’une fois, je me suis retrouvée seule pour me prouver à moi-même que c’était bien le cas. Aux moments des premiers amours, je ne me trouvais pas digne des garçons devant lesquels je me pâmais. Je les aimais beaux et populaires et moi je me trouvais bien sûr ridicule devant eux, maladroite, laide et sans intérêt. Alors pourquoi m’aimeraient-ils ?

Indigne !

En grandissant, j’ai ainsi choisi de diminuer mes exigences, me contenter parfois de ce qui me semblait ne pas être trop pour la petite personne que je me croyais être. Mais cela ne marchait jamais bien longtemps, je m’ennuyais, me sentais blasée et jalousais ceux qui obtenaient ce que moi je désirais tout au fond de moi sans oser aller le chercher.
Et, quand j’avais enfin un truc qui me semblait être suffisamment beau, digne d’intérêt, je le perdais… Les bijoux que m’a mère me prêtait et ceux que m’offraient mes tantes, cette relation avec un jeune homme qui aurait pu être mannequin (sa mère en tout cas l’était…), ce job pour une biennale d’art contemporain aux Antilles. Tout cela je continuais à croire que c’était bien trop beau pour moi et je faisais tout pour le garder quitte à ne pas être moi, quitte à être en souffrance et à m’oublier en chemin. Puis un jour, je le perdais de façon brutale et cela me blessait encore plus, me ramenant à mon indignité. Je voyais tous les efforts fournis pour rien et me disais que de toute façon c’était bien trop pour moi, qu’encore une fois, j’avais vu trop grand…

Il y a quelques années, j’ai entamé un travail sur moi pour sortir de cette spirale et reprendre confiance en moi. Autant dire que ce qui m’a explosé à la figure est la grandeur de mes rêves par rapport à ce dont je me contentais. J’ai réalisé aussi que tout ce que je désirais, je pouvais l’obtenir et que mes désirs n’étaient pas infondés. J’ai rapatrié le sens de ma valeur. Elle n’était plus définie par ce que je pouvais obtenir, par des signes extérieurs qui disaient que j’étais belle, intelligente, intéressante et que j’avais du succès. Elle était simplement parce que j’étais moi et personne d’autre. Elle était composée de mes forces, de mes faiblesses, de ce que j’avais appris dans ma vie, de ce que j’avais envie d’apprendre, de toutes les ressources en moi, de ce qui me touchait et me donnait envie de changer le monde.

Parfois encore, j’ai cette sensation d’indignité qui revient quand il s’agit de dépenser de l’argent pour quelque chose qui me fait plaisir : une formation, un retraite, une robe qui me fait me sentir belle, un objet précieux, délicat ou juste beau. Il me revient aussi parfois dans mes relations quand je reçois de la colère, de la déception ou d’autres sentiments négatifs. Il me revient quand je n’ose pas utiliser les jolies choses que j’ai achetées pourtant pour moi de peur de les abîmer, de ne pas leur faire honneur. Et quand je sens ce sentiment remonter, je le regarde et je décide de me dire que « OUI ! je suis DIGNE ! » et je fais ! C’est un travail de reprogrammation que je fais régulièrement. Parfois, je me fais des cadeaux juste pour me rappeler que j’en suis digne.

Quand ce sentiment remonte, il me rappelle que parfois je m’estime pour moins que ce que je suis et c’est un bon rappel qui me pousse à agir pour moi, pour répondre à mes désirs et pour créer la vie dont je rêve. Ce sentiment m’a poussé à me former à l’Ayurveda alors que je me sentais illégitime, à faire mes premiers lives alors que je ne me trouvais pas assez photogénique, à écrire mes premières newsletters alors que je pensais ne pas savoir écrire, à offrir mes services alors que je doutais encore de ma capacité à accompagner les autres.

Parce qu’à chaque fois que ce doute apparaissait, je savais que derrière se cachait ma peur de ne pas être reconnue à ma juste valeur, je savais donc qu’il fallait que je sois consciente de ma valeur avant tout !

J’ai appris à définir ma propre valeur et à la respecter, à l’affirmer et c’est aujourd’hui ce que je reçois ! Je n’accepte plus moins que ce que je vaux, je ne fais plus en sorte de me contenter de ce qu’on veut bien me donner, je demande, je choisis, j’agis.

Ce sentiment fait partie de ce que nous aborderons durant la prochaine session de Lune Noire – initiation qui débutera le 6 mars. Les femmes plus que les hommes ressentent ce sentiment d’indignité parce que dès le plus jeune âge elles sont soumises aux jugements sur leur physique, leurs émotions et réactions. On leur demande de se conformer aux attentes des autres et d’être discrètes et douces. Elles finissent par se contrôler elle-même et entre elles pour s’assurer de ne pas demander plus que ce que la société patriarcale semble accepter de leur offrir. Elles le font pour ne pas souffrir, pour ne pas être déçues, pour ne pas être jugées de façon négative par la société.

Alors, si toi aussi il y a des moments où tu ne te sens pas digne, regarde toi en face et rapatrie le sens de ta valeur. Ne la laisse pas être définie par l’extérieur, par ce que l’on veut bien te donner. Réclame ce que tu désires, affirme-le, affirme ta valeur.

Rejoins Lune Noire – initiation, accueille la grande femme que tu es !
Tu en es digne !!!