Si vous me suivez sur Facebook ou Instagram, vous savez que depuis bientôt un mois, j’ai une nouvelle habitude dans ma vie : je jeûne.

Très sincèrement, on m’aurait dit il y a un an que j’aurais entrepris un jeûne de mon plein gré, j’aurais éclaté de rire. J’aime manger, j’adore ça, c’est une des raisons pour lesquelles je me lève le matin !

Alors, une journée entière sans manger, je pensais que je mourrais d’inanition. LI-TE-RA-LE-MENT ! Rien que d’y penser j’avais faim.

***********

Et puis, il y a un mois, j’ai été voir ma thérapeute ayurvédique en lui expliquant que j’arrêtais mon traitement allopathique qui visait à réduire ou plutôt maîtriser un adénome à prolactine que j’ai depuis quelques années à l’hypophyse.
Je m’étais décidée il y a quelques mois à prendre ce petit souci hormonal en charge, à m’en occuper vraiment et donc à reprendre très sérieusement mon traitement. Or après quelques mois et une augmentation progressive des doses qui m’étaient prescrites, j’avais réagis très mal. J’ai passé des nuits à tousser sans raison. Pas la toux guindée et civilisée du style ma gorge s’éclaircit, mais plutôt celle du genre où mes poumons essaient de s’enfuir par ma gorge. Ces quintes de toux m’ont amenée à ne pas dormir plusieurs nuits d’affilées (le drame !) et j’ai fini par trouver la cause : le médicament. Aussitôt arrêté, aussitôt les crises de toux passées.

Mais voilà, il fallait quand même que je fasse quelque chose et en discutant avec une de mes collègues étudiantes en Ayurveda et surtout ancienne pharmacienne de médecine tibétaine (elle est tibétaine, je rencontre des gens fabuleux, il faudra que je l’interviewe elle aussi !). Cette discussion donc m’a amenée à réaliser que je devais faire confiance à l’Ayurveda pour me soigner aussi à ce niveau. Car la médecine allopathique sur un problème finalement mineur, m’apportait comme solution un médicament avec des effets secondaires vraiment indésirables ou une opération très lourde. Attention, je ne juge pas et j’invite ceux et celles qui auraient ce même souci à prendre conseil auprès de leur médecin et de faire leur choix en conscience selon leur désir et en fonction de la gravité de leur condition. De mon côté, l’adénome est ridiculement petit et je n’imagine pas une opération et ses risques pour si peu. Alors j’ai accepté ce jour-là de laisser l’Ayurveda me soigner et de lui laisser le temps de le faire.

Cela me ramène donc à ma consultation il y a un mois avec ma thérapeute et là parmi les traitements qu’elles m’indiquent elle m’annonce «  soit tu fais un jeûne d’une semaine par mois, soit tu jeûnes un jour par semaine » et là franchement il y a eu un blanc dans la conversation puis je lui ai dit « ok ! une fois par semaine, ça me semble tenable ».

J’avais pensé au jeûne depuis mon changement de rythme de vie et je vous avais parlé de ma détox cet hiver. Mais je n’avais pas sauté le pas pour l’étape suivante. Alors, cette fois, je me suis dit : OK J’Y VAIS !!! JE JEÛNE !!! Je l’ai annoncé à mon chéri qui a cru que j’avais fondu un nouveau plomb et à la terre entière #helloworld #facebook #instagram histoire de ne pas me dégonfler et c’était parti, le vendredi qui suivait je commençais !

En ce qui concerna la théorie en Ayurveda, le jeûne permet de réduire l’excès de Kapha (énergie de construction et de stockage) et donc d’élément terre et eau. C’est particulièrement vrai quand cet excès touche le tissu graisseux (medas), mais aussi le sang (rakta) ou encore le tissu musculaire (mamsa) et dans le cas où la personne développe des tumeurs, kystes, … bref tout développement anormal de cellules qu’on appellera granthi si c’est bénin  et arbuda si c’est malin. En général, on conseillera de jeûner 3 à 6 jours selon la constitution et l’état de la personne. On ira rarement au-delà de 10 à 15 jours car le jeûne aggrave Vata (énergie de mouvement) qui lui-même entrainera les autres doshas, ce qui peut provoquer d’autres déséquilibres et donc des maladies.
En Ayurveda, on peut conseiller de se faire opérer car ça reste la façon la plus rapide et efficace de guérir mais dans mon cas où c’est un tout petit grain dans la tête et où j’ai le temps de m’en occuper, le jeûne associé à d’autres traitements (plantes, mantra, respiration, yoga, visualisation) ça va le faire !

Ayant une constitution de base Pitta avec également un excès de Kapha, c’était aussi possible car j’ai la rigueur nécessaire mais surtout les réserves et la force pour tenir.

Le jeûne en Ayurveda est utilisé avec parcimonie et ce n’est d’ailleurs jamais un jeûne sec mais un jeûne hydrique. Je ne m’alimente donc pas uniquement de prana, je ne suis pas devenue respirianiste, que l’on se rassure !

4499a0e577c756b59dbc3fc7824f3bb4_XL

Quand je pense respirianisme, j’ai de suite l’image de la Barbie humaine qui me vient à l’esprit…

Cela fait donc 4 semaines que je jeûne le vendredi.

********

Maintenant que vous savez pourquoi, je vais vous dire comment.

Je suis donc un jeûne hydrique. Je ne mange rien de solide du lever au coucher mais je peux boire des jus, des smoothies, des bouillons clairs de légumes ainsi que des tisanes et de l’eau à volonté. Cela permet à mon système digestif de se reposer et mon corps va puiser dans les réserves mais aussi progressivement se débarrasser des toxines accumulées.

Le jeûne est une des technique de soin les plus anciennes. Utilisées dans le monde entier pour se purifier et se soigner, le corps revient également naturellement (si on l’écoute) au jeûne en cas d’indigestion, de fièvre, de maladie en générale. Vous l’avez sûrement déjà remarqué, on perd l’appétit. On le retrouve également dans de nombreuses traditions religieuses (carême, ramadan) et dans certaines mythologies (bouddha, ). Les animaux également jeûnent (pensez à l’ours qui hiberne par exemple) et nos ancêtres Cro-Magnons passaient plus de temps à chasser leur pitance qu’à la déguster. Notre corps est donc plus adapté à la carence qu’à l’excès et on le voit bien quand on compare la capacité à survivre en cas de famine ou de réduction de vivre (je crois que nous pouvons tenir 70 jours sans manger) au nombre de morts dûes aux maladies métaboliques du fait de l’excès de nourriture dans nos sociétés. Le jeûne est également un outil de contestation politique et l’on se souvient du Mahatma Gandi et autres grévistes de la faim. Notre corps sait donc survivre dans les périodes de privation et je me suis donc rassurée, je n’allais pas mourir en arrêtant de manger une seule journée par semaine !

Pour l’instant, je n’ai pas encore fait mes analyses et je ne peux pas dire si cela à un effet sur mon micro-adénome ou sur mon taux de prolactine. Je vais donc plutôt vous parler des effets immédiats du jeûne et de mon ressenti.

Tout d’abord, j’ai pour l’instant très bien vécu ces journées de jeûne. Je ne me suis pas sentie faible, ni fatiguée et je dois avouer que j’aime cette journée où j’ai plus de temps ! En effet, j’ai réalisé à quel point la nourriture pouvait prendre du temps et de l’espace mental dans une journée de la question fatidique « qu’est-ce que je vais manger » à la préparation, le repas lui-même, la digestion. Du temps et de l’énergie que mon corps et moi-même pouvons reporter sur d’autres activités.
J’ai remarqué également un boost d’énergie les 2 jours suivants le jeûne. Mon corps reposé, mon estomac léger, me permettent d’avoir un esprit clair et de profiter pleinement d’un regain d’énergie.

Concernant la sensation de faim, elle vient mais pas forcément aux heures auxquelles je suis habituée à manger, mais plutôt autour de 11h, 15h et 18h. Ce sont donc généralement les moments où je me prépare un jus, un smoothie en journée ou un bouillon pour le soir.
J’ai dû par deux fois arrêter mon jeûne le soir pour des questions sociales (famille, amis) et pour autant, je crois quand même ressentir l’effet du jeûne et surtout je ne me suis pas jetée sur la nourriture. Dans la mesure où j’arrête de manger la veille avant 21h, je fais quasiment  24h sans manger même dans ces cas-là.

********

Maintenant, allons dans le dur ! Mon protocole de jeûne.

Au départ, je n’en avais pas et puis je me suis documentée et je l’ai construit, je l’améliorerai encore avec le temps.

La veille, je mange léger : mon petit-déjeuner habituel (fruits, tartine et tisane), au déjeuner un kitchari et le soir un bouillon avec les légumes ou une soupe mixées. Je m’assure également d’avoir des légumes que je pourrais mixer pour un smoothie ou passer à la centrifugeuse (si tu cherches un cadeau à me faire, tu peux m’offrir un extracteur de jus).
Le jour du jeûne, je me lève et j’enchaîne sur ma routine habituelle (écriture, footing, hygiène, …) puis je commence à réviser mes cours ou à travailler. Je boirais en général déjà 2 tisanes : mon habituelle du matin au curcuma et au gingembre en poudre avec un peu de miel et également une de celles que j’achète. J’aime beaucoup celles de la Route des Comptoirs car ils ont une gamme ayurvédique et que ces infusions sont délicieuses. Durant le jeûne, je prends exclusivement la « KAPHA » qui viendra m’aider à équilibrer ce dosha. Je testerai dès qu’elle sera disponible, l’infusion d’Atma Bio « TIKSHNAPAKAPA » qui a aussi des effets équilibrants sur le dosha Kapha.
Vers 11h, la faim commence généralement à se faire entendre. Avant de faire un jus ou un smoothie, je vais prendre une tisane, pour être sûre de ne pas m’alimenter trop et vérifier que ce que je ressens est bien la sensation de faim et pas un coup de fatigue dû au manque d’hydratation.
Le matin, j’aime particulièrement me faire un jus de betterave et carotte :

1 petite betterave bio lavée et brossée ou épluchée
1 carotte bio lavée et brossée
½ pomme type Juliet (légèrement sucrée)
1 cm de gingembre frais
1 cm de curcuma frais

Je découpe tout en petit morceau et je les passe dans la centrifugeuse puis, je déguste lentement. Je vous assure que quand on ne mange pas, on redécouvre le goût des aliments et chaque gorgée devient un véritable délice !

edf

Ensuite, je continue ma journée, je peux sortir, faire mes courses, me promener, aller à un salon (et ne pas rien manger même si tout me tente). Je me suis découverte une grande résistance mentale, moi qui pensait, comme le disait Oscar Wilde, « résister à tout sauf à la tentation ».

En général, j’aurais à nouveau faim vers 15h et là, rebelote : tisane et si la faim persiste, un second jus. Souvent l’après-midi, je prends quelque chose de plus vert et avec du fenouil dont j’apprécie le goût anisé :

  1. un jus de céleri et fenouil

2 branches de céleri
1 petit fenouil
½ pomme type Juliet
1 cm de gingembre

ou

  1. un jus de concombre, fenouil et radis noir

Environ 10 cm d’un concombre
1 petit fenouil
½ pomme type Juliet ou Granny Smith
2 cm de radis noir (même moins parfois car c’est assez fort)
1 cm de gingembre (même un peu moins parce que la combinaison avec le radis noir peut-être explosive)

Le second jus est particulièrement bon pour nettoyer le foie, je ne le fais pas systématiquement et surtout j’essaie de doser justement le radis et le gingembre pour éviter que ce ne soit trop fort.

edf

Ensuite, je continue mes activités. Durant le jeûne, je ne me sens pas fatiguée au contraire et j’ai plein de temps pour étudier ou écrire.

J’ai choisi de faire mon jeûne en semaine car cela me permet d’être autonome et de ne pas l’imposer à mon compagnon, ni d’être moi-même tentée alors que lui mangerais. Le soir est donc le seul moment où je ne suis pas seule durant mon jeûne. Lui ayant parlé de ma décision, je lui ai aussi indiqué que bien évidemment, il devrait se débrouiller pour manger le soir. En général, entre 18h et 19h, j’aurais à nouveau faim. J’essaie de repousser l’heure mais pas trop afin d’aller me coucher avec le ventre léger. Depuis peu, je préfère au jus un bouillon clair ou une soupe de légumes mixés.

Pour mon bouillon, je fais revenir des poireaux, des oignons et des échalotes le tout coupé finement dans une casserole avec un peu d’huile d’olive. Je rajoute quelques épices (curcuma, gingembre graines de cumin et coriandre moulue) puis de l’eau et je laisse bouillir. Puis dès l’ébullition atteinte, je baisse le feu et je laisse mijoter une vingtaine de minute. Ensuite, je rajoute un peu de sel et de poivre et de l’ail pressé ou haché finement.
Dernièrement, j’ai assaisonné mon bouillon avec un mélange d’épices et d’algues ramené de Bretagne et c’était délicieux, essayé donc également un peu de nori séchée ou de kombu par exemple pour un côté iodé très agréable.

Ce bouillon, je le mange la veille du jeûne au soir avec les légumes mais le soir du jeûne, je ne prends que l’eau du bouillon. Le jeûne visant à mettre mon système digestif au repos, je n’ingère rien de solide aussi longtemps que possible (sauf obligation sociale ou familiale).
Dans le cas où j’ai justement une obligation sociale ou familiale, je n’ai jusque-là pas fait particulièrement attention à ma rupture de jeûne et j’ai mangé normalement. Toutefois, je pense qu’à l’avenir, j’essaierai de rester sur des options légères pour bénéficier le plus possible des effets positifs du jeûne et pour ne pas fatiguer mon organisme avec une mise en fonctionnement trop brutale.

La reprise après le jeûne est plutôt douce, de toute façon, je mange de façon générale assez sainement et je suis végétarienne. J’essaie cependant d’éviter les aliments contenant du gluten parce qu’ils sont plus lourd à digérer.

Ma journée de jeûne passe donc très facilement et rapidement au final et je l’ai progressivement intégrée dans ma semaine en me créant un protocole simple à suivre.

Surtout, je m’hydrate bien (eau, tisane, si vous  avez de l’eau de coco fraîche à disposition ça marche aussi) tout au long de la journée, je prévois des choses à faire et je sors de chez moi.

********

Je réalise un jeûne hebdomadaire mais il y a d’autres façons de jeûner. Tout d’abord, on en parle beaucoup actuellement, le jeûne intermittent qui consiste à jeûner environ 16h par jour. En fait, il s’agit de repousser l’heure à laquelle on mangera après le réveil pour qu’il y ait 16h entre le dîner et le premier repas de la journée. Je prends mon petit déjeuner autour de 9h30, en général, il se passe donc 12h entre mon dernier et mon premier repas. Ce n’est donc pas tout à fait un jeûne intermittent mais je ne suis finalement pas si loin. Il y a également le jeûne diététique, qui est en quelque sorte ce que je fais puisque l’objectif est plutôt d’éliminer les toxines de mon corps et de pousser mon organisme à aller puiser dans ses réserves. D’ailleurs, je ne l’ai pas dit mais j’ai perdu du poids (environ 2kg) sans forcer en un mois. Il y a également le jeûne médical. Ce dernier est souvent plus long, mais surtout, il vise à soigner une pathologie et nécessite donc un suivi médical.

Alors, pourquoi jeûne-t-on ? Pour soigner des allergies, des problèmes respiratoires, en complément des soins du cancer (notamment autour de la chimiothérapie car, le jeûne semble réduire les effets indésirables de celle-ci), en cas de surpoids, pour soigner l’hypertension mais aussi le diabète. Je vous conseillerai de regarder le film diffuser en mai 2016 sur ARTE : Le jeûne, une nouvelle thérapie ? Thierry Lestrade et Sylvie Gilman ou de lire le livre de Thierry Lestrade à ce sujet. Vous pouvez également vous procurer le livre Le Jeûne de Gisbert Bölling qui répond à 100 questions sur le sujet de façon précise.

edf

De mon côté, le jeûne hebdomadaire rentre dans mes habitudes et je vais vraiment faire en sorte de garder cette habitude car je me sens vraiment bien quand je le fais.

On dit que le jeûne permet également de se concentrer sur des questions spirituelles et dans le cadre de mon cheminement personnel, je le vois comme un outil pour renforcer mon mental et maîtriser mes sensations physiques.

J’attendrais sûrement l’automne, mais je pense que je testerai dans un premier temps de jeûner 3 jours. Cette durée est assez symbolique car le 3è jour de jeûne est généralement le moment où l’on a une crise d’acidose qui peut être un moment très désagréable à passer. Ce serait donc une façon de tester une de mes limites. Puis j’aimerais pouvoir à terme installer un jeûne annuel ou tous les 6 mois d’environ une semaine. Comme je le dis plus haut, je ne vois pas uniquement l’aspect santé et soin du jeûne mais je vois aussi cela comme un outil pour aller plus loin dans mon développement spirituel d’où cette volonté de tenir une durée plus longue.

Je crois vous avoir tout dit ou presque sur mon expérience du jeûne. Si vous avez des questions, je serai heureuse d’y répondre dans les commentaires.

****

Je profite également de cet article pour vous signaler que j’organise un atelier de cuisine le samedi 10 juin à Montrouge. Plus d’infos et les détails pour l’inscription ici.