Parmi les choses que je pratique et que j’enseigne, il y a la manifestation lunaire. Je conçois que je crée ma réalité en posant des intentions et je m’aide pour cela des énergies des astres et particulièrement de la Lune, ses phases et son impact sur moi pour diriger mes actions et avoir le plus d’efficacité dans ce processus.
En soi, le principe de manifester est fondateur. Une loi de l’Univers, celle de l’attraction qui dit que nous attirons à nous des expériences qui vibrent sur la même vibration que nous. Il me permet d’affirmer que mes pensées et mes mots sont créateurs dans ma vie. Si je crois que ce que je désire est possible, j’observe que cela se réalise et souvent bien plus vite que je ne l’aurais imaginé.

Mon retour en Martinique par exemple, de la manifestation pure ! Il me fallait pour rentrer une base financière stable car ce que je veux c’est créer un lieu pour installer ma pratique telle que je l’imagine et je ne sais pas encore combien de temps cela me prendra (mais je sais que je vais le manifester aussi). Sans même avoir à chercher, j’ai été rappelée par la seule personne pour qui j’étais prête à travailler, ma meilleure relation employeur/salariée de toute ma vie car basée sur la confiance et des valeurs communes. L’Univers par cette offre m’assure sécurité ET liberté pour poursuivre ma mission ainsi qu’une mentor capable de m’aider à développer mes projets parce qu’elle l’a fait avant moi.

Pourtant, j’aurais pu douter, m’inquiéter de la façon dont les choses allaient se dérouler quand j’ai posé l’intention ferme de rentrer en Martinique bientôt. J’aurais pu refuser cette offre de peur d’être trop « prise » par un emploi pour continuer mon travail de thérapeute. Mais j’ai fait une prière où je proclamais que je plantais mon cœur dans ma terre pour être sur d’y revenir et j’ai pris un engagement sans savoir à l’époque comment je le tiendrai. C’était une intention suffisamment claire et puissante avec une action forte posée en ce sens. Alors, c’était fait ! Dès cet instant j’ai su que c’était fait et il ne s’est pas passé une semaine avant que l’Univers me propose sa solution. Je crois personnellement que l’Univers me fait des ponts d’or si je lui demande. Je ne compte plus vraiment tout ce que j’ai pu manifester entre ma relation de couple, des rencontres, des cadeaux, des formations, des opportunités, des emplois …

Depuis mon enfance, ma mère m’a appris le pouvoir de la prière et m’a appris à laissé le résultat dans les mains de « Dieu ». Si aujourd’hui je me suis éloignée de sa vision de Dieu marquée par la religion, son enseignement m’a été précieux. Quand je veux manifester mes désirs, je fais toujours pareil : j’énonce le plus clairement possible mon désir et le pourquoi (comment je veux me sentir, ce que ça va m’apporter, à quoi ça va servir dans le grand plan de l’Univers …) puis je m’en détache, acceptant que le temps de l’Univers n’est pas le mien et que ses réponses peuvent ne pas apparaître telles que je les imaginais. J’accepte la surprise, le délai et les fins de non recevoir car je crois que c’est toujours pour le mieux ou que peut-être mon intention n’était pas si claire. Je fais également attention à mes pensées qui pourraient empêcher cette manifestation, celles qui me parlent du doute, de la peur, de l’inquiétude car elles portent des vibrations contradictoires à ma demande.

À la place, je cultive la gratitude pour ce que j’ai déjà et ce que j’ai encore à recevoir. Je remercie l’Univers montrant que j’apprécie sincèrement ce que j’ai déjà reçu (y compris les leçons) et qu’ainsi, je suis prête à recevoir plus. Cette attitude est un acte volontaire car comme tout le monde, il m’est souvent plus facile de voir ce qu’il me manque plutôt que ce que j’ai reçu… C’est donc une attention constante à mes pensée pour voir le verre tel qu’il est, plein de choses qui ont bon goût mais avec encore de la place pour en recevoir plus !

Ensuite, cette croyance absolue dans le fait que ce que je désire est en approche et l’attitude de gratitude que je cultive me permettent de saisir les opportunités et d’agir dans la direction de ce que j’ai posé comme intentions. Cela veut dire demander, contacter les personnes qui peuvent m’aider, oser réclamer ce que je mérite, faire les actions qui sont nécessaires avec motivation.

Parfois, manifester c’est croire que quelque chose nous est dû et simplement s’en saisir. Parfois, cela peut être difficile car nos vies, nos expériences différent. Alors, on peut croire que l’on ne mérite pas ce que l’on désire car jusque-là, on ne l’a jamais vécu. Notre enfance, notre passé y compris transgénérationnel, peuvent nous avoir laissé avec la sensation qu’on ne maîtrise rien et qu’il faut se contenter de ce qui a toujours été pour nous et pour nos proches. On peut même se sentir coupable de vouloir plus que ce nos proches ont pu obtenir dans la vie, comme une forme de loyauté vis-à-vis d’eux. Je pense notamment à mon expérience en tant que jeune femme noire, issue d’un foyer monoparental avec peu de moyens financiers. Je pense aussi à mes ancêtres mis en esclavage ou décimés par les colons. Ces ancêtres dont l’humanité a été reniée et ainsi leur valeur et dont j’ai hérité un esprit de survie plutôt que de vie et le syndrome de culpabilité du survivant qui va avec.

Pendant longtemps, j’ai cru que cela conditionnait ma relation à l’argent, ce à quoi je pouvais prétendre dans la vie, ma valeur dans le domaine professionnel et même mon droit à l’amour des autres. Inconsciemment, je croyais que je n’avais pas le droit de vouloir plus, moi qui avait déjà la chance d’être en vie, d’être née libre (alors que noire et femme !)… Ces croyances me poussaient à accepter des situations dans lesquelles je souffrais car j’étais sous-estimée et parfois même maltraitée, exploitée. Mais je les permettais malgré moi en restant. Loin de moi l’idée de blâmer les victimes d’abus, simplement j’ai réalisé pour ma part qu’à partir du moment où je prenais la décision ferme que je méritais mieux notamment dans mes expériences professionnelles, je pouvais quitter la situation. Ce que je trouvais était mieux malgré la peur de ne pas savoir l’après et donc l’anticipation du pire…

Aujourd’hui encore, je dois être vigilante afin que mes pensées ne me ramènent pas à ces croyances que je ne mérite pas ce que j’ai et que je n’ai aucune chance d’avoir plus… Mais j’accepte de regarder ces pensées en face et d’aller les soigner à la racine en les remplaçant. J’accepte également d’aller regarder ces croyances pour déterminer celles qui ne m’appartiennent pas pour les déposer en acceptant qu’elles m’aient été transmises pour me protéger de la déception (ou de la souffrance voire de la mort) même si c’était maladroit ou qu’aujourd’hui ce n’est plus nécessaire. Là encore, je préfère cultiver la gratitude pour ce qui m’a protégée d’une certaine façon même si aujourd’hui je choisi de m’en séparer.

Manifester sa réalité c’est à la fois simple et complexe car cela fait appel à notre capacité à avoir la foi. Dans une société où l’on a appris qu’il fallait être capable de tout contrôler et où la foi est un terme dont ont abusé les religions pour soumettre et manipuler les masses, la foi est un concept à redécouvrir. Avoir la foi, c‘est accepter que pour ce que l’on désire le plus, la meilleure façon de l’obtenir est de ne pas chercher à tout contrôler afin de ne pas brider la créativité de l’Univers. C’est avoir confiance dans le fait que l’on recevra ce que l’on a demandé et croire sincèrement qu’on le mérite. Enfin, dans un monde d’hyperconsommation guidé par le manque, c’est croire en l’abondance et donc exprimer sa gratitude encore et encore pour chaque petite chose qui nous est offerte, chaque petit pas vers nos désirs car ils sont déjà nos désirs manifestés.