La reconquête de ma spiritualité est une action consciente et permanente qui a débuté il y a des années.

Ce que j’entends par spiritualité est une connexion à moi, à mon âme, au divin en moi et dans le monde. Quand j’entends divin, je ne parle pas forcément d’un dieu comme l’imagine les religions du Livre (Bible, Torah, Coran) mais d’une énergie créatrice et de sa présence en toute chose. A mes yeux la spiritualité est innée à tout être humain, c’est un droit que nous avons toutes et tous qui permet de nous connaître et d’agir en accord avec notre nature. Rien ne devrait nous empêcher d’explorer cette connexion.

Cela n’a rien à voir avec la religion qui, si au départ était une façon de nourrir ce lien, l’a bien souvent court-circuité pour des raisons politiques et sociétales, de pouvoir en somme. Les règles religieuses se sont imposées pour façonner (diriger et dominer) les sociétés et l’individualité du lien spirituel a été reniée. Je sais que mon opinion peut déranger dans la société antillaise dans laquelle je suis née mais je l’assume. Je conçois également que les religions demeurent encore pour certains aujourd’hui un corpus de savoirs qui permet de nourrir cette connexion au divin et la compréhension de soi. Mais c’est loin d’être la majorité des « croyants » qui ont simplement intégrés des rites visant à leur assurer le Paradis après la mort plutôt qu’une vie au Paradis.

La religion est un point sensible pour moi. J’ai été élevée par une mère catholique très croyante et pratiquante. Aujourd’hui encore, elle va à la messe 3 fois par semaine et prie quotidiennement. A une période de ma vie, c’était important pour moi de m’y opposer aujourd’hui j’ai compris que c’est sa façon de trouver la paix dans ce monde et je l’accepte.
Ma mère m’a inscrite de la maternelle jusqu’à la terminale dans une école privée religieuse où j’ai eu droit au catéchisme et à l’instruction religieuse, où l’on m’a fait recevoir tous les sacrements jusqu’à la confirmation. J’ai même été enfant de chœur et ai fait partie d’une chorale qui animait des messes sur toute l’île… J’ai suivi à la fois pour faire plaisir à ma mère, pour ne pas faire de vague et pour m’intégrer mais je n’ai pas de souvenir d’une grande piété. J’avais surtout peur, peur de décevoir, peur de ne pas être assez bien, assez pure. Être l’enfant d’une mère célibataire dans une société très religieuse est un poids difficile à porter, notre seule existence est synonyme de péché. Alors quand j’affichais mes doutes, je craignais d’être rejetée.
A partir du lycée, j’ai pu prendre totalement mes distances de la religion mais sans pour autant me connecter à quoi que ce soit de spirituel. Je restais une adolescente curieuse, je lisais beaucoup des contes, des mythes, des livres d’Histoire, des romans empreints de magie ou d’ésotérisme. Je restais assoiffée de mystère mais ne le vivais que de la façon qui me semblait acceptable : l’imaginaire. Sans en avoir conscience, je continuais à nourrir ce besoin naturel de connexion si humain et j’agrandissais mon champ d’exploration.

Et puis, ma Terre portait en elle tant de magie, d’histoires fantastiques et de mythes que cela aussi m’influençait et me poussait à croire qu’il y avait bien plus que ce que des années de catéchisme auraient pu me faire penser qu’il n’y avait qu’une seule bonne façon de trouver ce lien à plus grand que soit. L’Histoire de mon île est un tissage de peuplements et de cultures mais où l’une d’entre elles a cherché délibérément à effacer les autres, les diminuer, les diaboliser. Et pourtant, elles ont cherché leur chemin pour continuer à exister comme elles ont pu, dans l’ombre, en sourdine mais toujours !

C’est prenant la décision de me concentrer sur moi, mon bien-être et mon équilibre y compris spirituel que j’ai pu entendre en moi l’appel de ces spiritualités ancestrales, accepter qu’elles font parties de moi et que contrairement à ce que l’on m’avait appris, je n’avais aucune raison de les craindre ou de les rejeter. Les explorer, les intégrer fait aujourd’hui partie de mon chemin d’évolution. Ces spiritualités portent la sagesse de mes ancêtres et m’accompagnent pour comprendre celle que je suis. Ainsi, les contes et les mythes mais aussi l’Histoire des peuples amérindiens, africains, indiens qui ont vécu dans la Caraïbe sont aujourd’hui le tissage qui soutient ma quête spirituelle et mon apprentissage pour créer mes propres repères.

Ma relation à la spiritualité est aussi une spiritualité incarnée et active dans le monde. Les valeurs que j’y explore d’amour, de relation à l’autre quel qu’il soit, d’authenticité et d’amélioration sont celles que je veux apporter et mettre en œuvre dans le monde. Aujourd’hui j’observe un courant de spiritualité new age qui n’est qu’une mode plus et elle me dérange. Elle s’approprie les pratiques d’autres cultures sans en connaître les usages, les précautions. Elle s’exerce dans une démarche individualiste et égotique d’éveil, hors sol comme si la vie la vraie n’était pas un pan de la spiritualité. Elle est faite d’apparence, d’objets, de consommation. Ce n’est qu’un nouvel avatar de la société capitaliste qui se déguise sous couvert de spiritualité. Aujourd’hui, il me semble plus que jamais important de relier ma spiritualité à mon quotidien : prendre soin de mon corps, choisir ce que je consomme, user de ma voix pour les causes qui semblent importantes et choisir mes pratiques pour qu’elles soient les plus intègres possibles.

Mes pratiques, mes rituels sont avant tout des moments pour me rappeler que je fais partie d’un grand Tout, sur une Terre qui a besoin de moi et dont j’ai besoin, avec d’autres êtres vivants qui eux aussi sont une part de ce grand Tout. Mes pratiques sont aussi une exploration de ce que mes ancêtres ont dû cacher, taire pour survivre pour retrouver l’intégrité de mon histoire, l’honorer et soigner les blessures qui en découlent. Ainsi, je ne partage pas tout ce qui me nourrit spirituellement parce que c’est un chemin personnel mais je transmets lors de mes accompagnements individuels et collectifs mon expérience et je donne des clés, des outils pour que chacune puisse avancer sur son propre chemin.

Le 28 septembre, j’accueillerai les nouvelles participantes de LUNE NOIRE – initiation. Durant 4 mois, nous explorerons le féminin sur le plan physique, émotionnel et spirituel. C’est un chemin d’apprentissage de soi pour reprendre son pouvoir et agir dans la vie sans crainte et à son rythme. Ma spiritualité est profondément ancrée dans la guérison du féminin si nécessaire à notre époque et aux défis que nous devons relever.

Alors toi aussi tu peux nous rejoindre sur chemin en intégrant ce qui sera la dernière session de cet accompagnement /
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