Pour être franche, je n’avais pas prévu de m’absenter aussi longtemps des réseaux sociaux, de mon blog. Je n’étais pas en vacances, j’ai continué à travaillé simplement moins… Et je suis sûre que vous avez envie de comprendre un peu ce qui se passe par chez moi avec un temps de silence si long et imprévu.

Ce qu’il s’est passé ?

Beaucoup de choses alors je vais essayer de commencer par le début.

Je suis partie en Martinique et cela fait déjà presqu’un mois que je suis revenue. La Martinique, c’est chez moi mais cela faisait 2 ans et demi que je n’y étais pas retournée. Je savais que le départ n’en serait que plus dur mais je ne m’attendais pas à un tel chamboulement. Ce n’était pas des vacances parce que j’ai aussi voulu travailler pendant que j’étais sur place. Un peu comme on teste l’eau avant d’y plonger sans doute et puis parce qu’au fond de moi, ce que j’apprends j’ai toujours en tête que je le fais pour le ramener chez moi. J’ai animé des conférences, un atelier d’initiation à l’Ayurveda et à sa diététique avec cuisine au feu de bois. J’ai co-facilité un cercle de femmes. J’ai pu recevoir pour quelques consultations en Ayurveda mais également dans l’accompagnement du féminin. Je crois que si j’étais restée plus longtemps, ça aurait pu continuer mais c’était déjà vraiment beaucoup pour un seul mois. Tout cela a été possible grâce aux personnes qui m’ont accueillie et m’ont aidée, merci à Nicolas, Dany, Séverine, Rémi, Marie-Odile, Gladys et Alexis. Merci à celles et ceux que j’ai rencontré.e.s, celles et ceux qui sont venu.e.s à ces différents événements. Vous avez nourri mon séjour de vos présences et de votre soutien.

Je suis partie la peur au ventre. Peur de montrer celle que j’étais devenue, car il y a 2 ans et demi, je me formais encore, je n’avais parlé à personne des changements que j’allais entamer dans ma vie. Et là ce n’était pas possible de porter un masque, de redevenir la Céline d’avant, je devais assumer cette identité révélée à distance. De toute façon, je n’en avais pas l’intention mais il m’a fallu prendre une grande inspiration tout de même et cela c’est très bien passé parce que mon amour pour les plantes était déjà connu de tous, que dans ma famille, soigner est une vocation assez commune et que j’ai toujours été « l’originale ».

Ce voyage a été aussi un temps de révélation pour moi. Depuis l’enfance, je m’imagine descendante d’amérindiens. Mais je ne me sentais pas la légitimité de me réclamer comme descendante. Cette fois, j’ai eu les réponses qui m’ont permis de me relier à mes ancêtres. Je me croyais lointaine descendante quand en réalité c’était si proche. Ma grand-mère maternelle, fille de 2 métis amérindiens caraïbes/kalina. Il y avait toujours un soupçon mais parfois le silence des familles n’offre pas de réponse aux intuitions d’une petite fille. Et à l’âge adulte, on suppose qu’il ne s’agissait que d’un rêve à oublier surtout quand l’histoire telle qu’elle a été écrite suppose une ascendance impossible. Cette ascendance fait sens pour moi car elle m’explique mon attachement viscéral à ma terre natale et les appels que je reçois d’elle. J’ai tant à dire sur ce que cela représente pour moi d’être si proche des natifs de mon île que ce sera clairement pour une prochaine fois mais l’intégration de cette information a fait aussi son chemin.

Ensuite, durant un mois, j’ai vraiment eu la sensation d’être branchée sur une ligne à haute tension. J’étais pleine d’énergie comme jamais, tout était hyper fluide comme jamais et les idées fusaient comme jamais !!! En fait, je m’étais retrouvée pleine d’entrain, toujours en mouvement ou presque, curieuse et surtout hyper supportée par l’énergie diffusée par la Nature (ma jungle me manque) et par la présence de mes proches. Tout cela mis ensemble m’a permis de passer un séjour vraiment au-delà de ce que j’espérais malgré les quelques accrocs parce qu’évidemment il y en a eu (eh ! la famille c’est notre lieu d’apprentissage n°1 ! n’est-ce pas ? et puis je vous vends du rêve avec la Martinique mais les moustiques ne blaguent pas)

La Martinique m’a rappelée à elle. Ce n’est pas récent, le 12 décembre 2012, j’avais déjà fait le pas du retour en pays natal mais j’avais fait demi-tour au bout d’un an et demi car l’expérience était frustrante en bien des points. Mais cette fois, une semaine avant mon départ, je recevais une proposition d’embauche que je n’avais jamais cherchée. Cette offre est revenue à moi la semaine même de mon retour ici alors que le poste avait été pourvu entre temps… Comme si l’Univers me disait qu’il était vraiment temps de revenir. Comme s’il m’offrait un pont pour faire la traversée en sécurité.

En réalité la Martinique m’a ouvert les yeux et m’a ramené à mon désir le plus profond. Ce que je veux créer depuis que j’ai commencé cette aventure, c’est un lieu. Un lieu pour y déposer ma pratique, pour accueillir les femmes qui ont besoin d’être accompagnées, pour créer des retraites, des événements. Un lieu qui regroupe également toutes mes passions et intérêts sans avoir à les trier. Ce lieu, je l’imagine depuis longtemps comme ma maison. Une maison que je peux partager avec d’autres pour échanger et porter nos visions. Et ce lieu, je le sais depuis longtemps n’est pas ici. J’avais pensé au Portugal, au Sud de la France mais ce n’est pas l’Europe. Je ne vibre pas assez pour porter un lieu ici, je n’ai pas l’énergie nécessaire. Surtout, je suis incapable de me projeter à vie en Europe. Mon lieu est en Martinique, quelque part. Il n’est peut pas encore construit ou alors il mérite peut-être quelques travaux. Il aura plusieurs formes dans le temps parce qu’il grandira avec moi. Sans doute sa première forme sera très humble mais ce jour-là, je serai heureuse au-delà de ce qu’on peut imaginer (j’en ai les larmes aux yeux à l’écrire). Ce lieu quoiqu’il en soit est primordial et je sais que ce qui aujourd’hui me bloque se joue là.

Tout cela mis bout à bout, mon retour en région parisienne à été très violent car j’ai eu la sensation d’être déracinée, coupée de ma source. J’ai mis du temps avant de pouvoir remonter à la surface et puis j’ai accepté de me laisser couler pour voir jusqu’où j’irai… J’ai été malade, ce qui m’arrive vraiment rarement. Le retour m’a aussi ramené à des questionnements dans lesquels je baignais déjà avant mon départ autour de la façon dont j’exerçais mon activité de thérapeute pour qu’elle me soutienne et que j’en vive pleinement. Je suis passée par le sentiment d’échec, la culpabilité de ne pas faire tout ce qu’il faut parfaitement pour y arriver alors que tout le monde semble si bien y parvenir… Il y a eu de la colère, de la honte et puis même l’envie de tout abandonner. J’ai songé à disparaître comme cela un soir en pleine nuit comme si ces dernières années n’avaient pas existées (ma Lune en Lion et ses tendances au drama). J’ai la chance d’avoir un chéri qui a fait son possible pour m’aider à atterrir en douceur et pour me supporter même dans mes pires moments.

Et puis, j’ai réalisé que la Martinique m’avait donné l’espoir dont j’avais besoin. Je pouvais travailler et j’avais du travail à faire mais pour le côté physique, c’était plutôt là-bas que je devais regarder (le lieu, MON LIEU !!). Et puis, si je devais reprendre un emploi en parallèle pour assurer le côté matériel de ma vie mais aussi les investissements nécessaires au développement de mon entreprise (formation, matériel, LIEU, …), ce n’était qu’une solution raisonnable et passagère, pas la fin de l’aventure.

Bien sûr, cette décision a aussi impliqué des réflexions sur mon organisation : des créneaux plus ramassés sur la semaine pour les accompagnements individuels, sélectionner les activités que je doit mettre en sommeil pour me concentrer sur celles que je pourrais mener de façon qualitative même avec moins de temps, … Et donc j’en arrive à 2 activités qui demeureront pour les prochains mois : je relance Lune Noire initiation fin septembre. Le contenu théorique existe déjà et ce qui est live est facile à organiser pour moi, c’est aussi un plaisir de mener ce projet depuis déjà 4 éditions. Cependant, ce sera sûrement la dernière fois que je le fais dans ce format, un cycle s’achève. Je continue également les accompagnements individuels où je mêlent Ayurveda et tout ce que j’ai pu apprendre ces dernières années dans le soin (et même avant) sur le cycle et les troubles féminins ainsi que les formats que j’ai créés (Mon année holistique, Créatrice de ma vie, Créatrice du monde). Aujourd’hui, j’ai d’ailleurs encore 2 à 3 places ouvertes selon les formats qui peuvent vous intéresser.

A compter de septembre, pour les guidances lunaires, il n’y aura plus que les tirages de tarot qui seront possibles. Je réserverai les portraits et planifications à mes clientes en cours ou passées car je n’aurai plus assez de temps pour cela. Donc pas de cercle en présentiel, pas d’atelier, pas de gros projet , pas de réseau management conscient … à venir pour l’instant car je vais utiliser toute mon énergie pour ce qui vient et pour assurer un soutien maximal à mes clientes en individuel et dans Lune Noire initiation.

En effet, 2 changements se profilent très bientôt. Tout d’abord à partir de septembre, j’ai accepté une mission à temps partiel comme administratrice dans le secteur culturel (après tout j’ai exercé et aimé suffisamment longtemps ce métier pour que ce soit facile pour moi). Le second changement majeur aura lieu d’ici la fin de l’année avec mon retour en Martinique que je dois donc préparer !

Voilà tout est dit je crois bien ! Il me reste à vous raconter tout ce que j’ai vécu de beau durant ce mois sur mon île. Je pense à des articles un peu plus courts et thématiques qui continueront à vous faire découvrir l’Ayurveda, le travail du Féminin et la Martinique, bref ce qui m’anime.

Je vous embrasse bien fort !
Céline

PS : Evidemment, il y a eu de la magie, des synchronicités et des signes, pas juste des petits hochements de tête de l’Univers, mais des hurlements à ce stade. J’attendrai d’avoir passé cette étape de transition pour vous en dévoiler les mystères !