En avançant sur ce chemin d’acceptation de celle que je suis que m’a ouvert l’Ayurveda, j’ai compris aussi qu’il n’y a pas une seule façon d’être une femme. Je ne me fais plus la réflexion de ne pas être assez féminine parce que je n’aime pas trop me maquiller et que je suis plus à l’aise en chaussures plates qu’avec des talons vertigineux. Je ne me compare plus et je sais relever la beauté et la force des autres femmes que je croise.

Mon féminin s’exprime au-delà de l’apparence physique, il est un lien à la Terre, une capacité à rassembler et prendre en compte les besoins de la communauté. C’est aussi une puissance qui m’invite à penser à moi d’abord, à mes objectifs et qui me fait me sentir pleine d’une énergie vibrante ! Parfois, il est sauvage, connecté à mon intérieur, à l’Univers et me donne une vision des choses peu rationnelle, instinctive mais vraie.

Je n’ai jamais eu une vision conservatrice de ce qu’est une femme, je suis même féministe et je n’ai pas peur du mot ni d’affirmer que je le suis.

J’ai été élevée dans une société où il y a beaucoup à dire sur le rôle et la position des femmes. Chez moi aux Antilles, on parle de la femme « poto mitan » (femme pilier) mais je l’ai toujours ressenti comme un piège. La femme mise sur un piédestal se retrouvant à prendre à sa charge des responsabilités immenses quant au foyer, aux enfants, à la vie en général mais qui ne trouve pourtant pas sa place aussi facilement sur la place publique (politique, entreprenariat, …).

Et, cela me révoltait !

Aux Antilles, les violences faites aux femmes sont quotidiennes mais elles sont aussi très anciennes. Elles sont verbales mais aussi physiques.
Etre femme peut être un piège car l’on est objet d’un désir qui refuse de se maîtriser, fragile parce qu’on ne nous dit pas qu’on peut être réellement forte, pas écoutée ni reconnue comme un individu qui a son mot à dire dans la société et sur son propre corps.

Tu comprends peut-être mieux ma volonté de guérir le féminin plus spécifiquement ? Je sais que j’ai un rôle à jouer et je n’ai pas le droit de me dérober.

L’Ayurveda m’aide a dépasser cet héritage social et ancestral car je me suis réappropriée mon corps, mon désir, ma puissance et tout cela en découvrant une façon d’être qui correspond à mon féminin. J’ai pris mes responsabilités vis-à-vis de ma santé et de mon bien-être. En apprenant à mieux me connaître, à mieux prendre soin de moi, j’ai pu me reconnecter à mon énergie féminine que j’avais mise de côté pour survivre dans une société qui demande à être compétitive, hyper rationnelle et linéaire.

Aujourd’hui, je marche vers la guérison physique mais aussi émotionnelle, psychologique et spirituelle de la femme que je suis et des femmes qui m’ont précédée dans ma lignée : amérindiennes, esclaves africaines, femmes blanches. Toutes ont souffert et je suis aujourd’hui plus libre qu’elles n’auraient pu l’imaginer !

Alors je marche et tu peux me rejoindre sur ce chemin en intégrant le cercle de femmes « LUNE NOIRE – initiation« .